➳ Crapahute à Vélo

Des feuilles aux racines: fin d'une étape

Levé 6h du matin à la Tranche-sur-Mer, arrivée 22h30 à Parthenay, 125 kilomètres d'après la carte. Ma plus grosse journée.

J'arrive chez papi, qui m'attends de pied ferme avec le fils du voisin. Je leur raconte, on rit un peu. Avec grand-père on mange, on discute encore, et on va se coucher dans les vapeurs de chaud, souvenir des 35° du soleil couché.

Je me lève le lendemain, dans ce lit que je connais bien, avec ces odeurs, que je connais bien. Je ne suis pas surpris, je ne suis pas perdu, et pourtant je suis perdu.

Qu'est-ce que je fais là ? Je suis venu terminer un voyage.

Quand je suis parti je voulais faire plein de choses, raconter des histoires, faire de la musique... mais je voulais aussi aller voir mes grand-parents. J'ai perdu un papi et une mamie il y a peu de temps, et je veux passer du temps avec ceux qui me restent. Moi, tout seul. Presque toujours j'y suis allé avec les parents et les frère et soeur, mais tout seul, pas trop. Pas assez. Entre moi et papi, il y a le mot-mur géant "papi"... mais je connais pas le bonhomme qui vit vraiment derrière. Pareil pour mamie, et je veux pas partir dans la suite de ma vie avant d'avoir vécu un peu avec eux, comme j'ai voulu connaître mes parents autrement que comme "mes parents".

Je suis venu terminer un voyage. Allongé dans le noir comme ça, en slip, cette nouvelle ne me fais pas grand chose. J'arrive quand même à la fin d'un truc important, enfin je crois, enfin... la plupart des gens qui finissent un voyage c'est un truc important, mais à moi ça ne me fait rien. C'est une histoire de cerveau à retardement ça. Comme une manie à ne pas vivre les choses maintenant, les garder au fond, et à revenir dessus plus tard pour les vivre très fort, mais très en retard. Alors je me retourne et marche sur mon ombre. Comme le lierre, je redescends l'arbre, des feuilles aux racines, je vais retrouver les lieux et les gens que j'ai vécus pour les vivre mieux, les voir mieux. Toujours trop tard, parce que je le fais après, mais moins tard, parce que je le fais quand même plus tôt que jamais.

Je suis venu terminer un voyage. Un voyage. La fin d'un étape quoi. Tu vois, je crois que j'en ai marre de voyager à vélo, ça m'intéresse plus. Pourquoi pas à pied, en bateau, mobylette-moto à la rigueur, mais plus à vélo, même si ça reste encore très important pour moi. Mon agenda est blindé de choses à faire au mois de juin que c'en est vraiment n'importe quoi, et il est possible que ce soit le même délire pour juillet et août. J'ai plus le temps pour le vélo, plus le temps quoi ! Tant pis, tant mieux, je sais pas. On verra bien.

Je termine un voyage. Quel voyage bizarre c'était. J'espère que le prochain sera plus drôle.

#inspirédefaitsréels #voyage