Plaisance fluviale
Ballade fluviale sur la Vilaine. Marais, soleil ras, petite brise fraîche sur une fin de journée chaude, et du cidre dans le gobelet. J'ai pas compté, mais ça doit être seulement la deuxième ou troisième fois de ma vie que je monte sur un bateau qui part naviguer, mers et fleuves confondus.
C'est plaisant. C'est plaisant.
Marco me dit: on est pareils toi et moi, il faut aller en mer, la mer quoi, faut voyager. Il a les yeux d'un fou. Ça donne envie d'être fou.
Plus tard, toute la smala rentre au port, avec du cidre et des grands éclats de voix. Mais la vase complètement ivre en a décidé autrement. Le bateau restera figé à quelques mètres de la berge, et quelques centaines du port, toute la nuit. Mais je suis ailleurs.
C'est quoi un bateau ? Un bout de chose sec qu'on fait glisser sur l'eau, c'est tout. Je réalise que c'est pas le bateau qui est important, mais ce qu'on mets autour du bateau. Je regarde autour de moi: il y a les étoiles silencieuses au dessus, les marins - moins silencieux - sur le pont. Les oiseaux qui crient, le marais autour, qui dort. Elle est où l'eau ? Elle est où la mer ?
On s'engueule, on rigole. A 6h du matin, on rentre au port, fatigués.
Le voyage, je m'en fous. Non en fait: le voyage je l'ai déjà. C'est eux mon voyage.
Mais il me manque la mer.